Les nuits de l'enclave

coproductions

 


LE MALADE IMAGINAIRE DE MOLIÈRE
NOTE D'INTENTION
Mise en scène Gilbert Barba


 

 

« Pour sa dernière pièce Molière est au plus haut de son art et comme dans « Les Fourberies de Scapin », il revient aux origines et fait à nouveau entrer la comédie italienne dans son théâtre : les Diafoirus qui sont les savants ridicules inspirés du personnage du docteur, Toinette qui est une sorte d’Arlequin féminin, et Argan qui est un Pantalon enfantin, maniaque, qui courtise la mort.

Molière n’a plus rien à perdre, il meurt d’ailleurs 7 jours après la première représentation du « Malade », et pour jubiler de sa propre souffrance et faire un pied de nez aux médecins et à la mort, il se met en scène dans le rôle du « Malade imaginaire » peut-être pour affirmer que le rire est le salut de l’âme. On le retrouve aussi comme un double de lui-même dans la parole de son frère Béralde. C’est là un tour de force dramaturgique incroyable, comme une ubiquité, il montre son corps malade dans le rôle d’Argan et son esprit sain et prêt à philosopher dans le rôle de Béralde.

Du temps de Molière on faisait des saignées, aujourd’hui ce sont des chimiothérapies. J’imagine qu’une saignée devait affaiblir le malade, comme aujourd’hui les chimiothérapies affaiblissent les mêmes malades.

Pourtant au travers du drame, apparaît la comédie. Molière offre sur scène le comique de situation, les quiproquos. Tambour battant tout le monde s’affaire autour du fauteuil du « Malade ». Je conduirai le travail vers cette comédie et sans vergogne je chercherai le rire. Ce qui fait la grandeur de Molière c’est qu’il n’a jamais voulu choisir entre Dom-Juan et Scapin, à une époque où l’on séparait le comique du tragique.

Bien avant « Ubu Roi » d’Alfred Jarry, Molière convoque sur scène une scatologie débridée. Il fait appel à la comédie italienne où le corps et aussi l’expression de l’âme et le Malade comme le dit sa femme Béline, est un homme malpropre, dégoûtant, mouchant, toussant, crachant toujours… un corps échoué là au milieu de la pièce, au milieu de la scène, un corps qu’il faut laver, un corps plein de bile, d’humeurs et de merde. Rabelais n’est pas loin.

Je n’oublierai pas dans la scénographie le rapport au public, car celui-ci est en avance. J’entends par là qu’il connaît « Le Malade imaginaire », il l’a étudié à l’école, ou il l’a déjà vu. Ie public viendra donc « revoir » la pièce. Il arrivera en connaisseur. Je souhaiterais en faire un complice. »

Gilbert Barba

 

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